
Un peu de Copper Phthaocyanine PB 15, de Carbon black PBK6, de Quinacridone PV 19, de rosé Alisarin. Du plomb pour le feu, de l’eau pour étendre le pigment sur un papier fin et fragile de 45 g, le souffle de l’artiste pour le réaliser et l’arbre est ainsi ancré en terre, bien campé sur ses racines, droit ou écrasé par le poids des ans.

Quel plus beau symbole de la perpétuelle force de la nature associée au cycle de la matière, à ses variations chromatiques. Symbole d’éternelle vigueur et de renaissance, reflet du cycle immuable de la vie et des saisons. Il est le reflet du caractère cyclique de l’évolution cosmique, figure axiale, chemin ascensionnel par lequel transitent ceux qui passent du visible à l’invisible.
Il est le symbole du lien entre le ciel et la terre, entre le corps et l’esprit, axis mundi tenant le monde en équilibre, silencieusement, patiemment, silencieusement, éternellement.
Quel plaisir de créer un arbre par un geste sûr, parfait, reflet d’une expérience et d’une envie irrépressible de dessiner, juste sans hésitation tel une épure conçue par l’esprit.
« Jamais un arbre n’a été adoré rien que pour lui-même, mais toujours pour ce qui à travers lui, se révélant pour ce qu’il impliquait et signifiait. C’est en vertu de sa puissance, c’est en vertu de ce qu’il manifeste et qui le dépasse, que l’arbre devient un objet sacré …
…si le Tout existe à l’intérieur de chaque fragment significatif, c’est parce que tout fragment significatif répète le Tout. Un arbre devient sacré, tout en continuant d’être arbre, en vertu de la puissance qu’il manifeste ; et s’il devient arbre cosmique, c’est que ce qu’il manifeste répète en tous points ce que manifeste le Cosmos ». (Mircea Eliade).

































